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Merisier, frêne, douglas... tout sur leur santé !

01.07.2013

La santé des forêts est un sujet qui retient toute l’attention du propriétaire. Voilà pourquoi nous avons demandé à l’Observatoire Wallon de la Santé des Forêts de fournir un état des lieux pour trois essences : le merisier, le frêne et le douglas. Symptômes, conseils et mesures à prendre sont résumés dans cet article.

Merisier

Le dépérissement ou la défoliation importante de merisiers ont été observés de manière accrue au mois d’août 2012. Tant les arbres isolés, les arbres d’alignement et les peuplements forestiers ont été touchés par l’anthracnose du merisier (Phloeosporella padi). Cette maladie qui attaque toutes les espèces fruitières à noyaux du genre Prunus peut prendre, certaines années et dans certaines régions, une grande extension. Le développement et la dispersion de ce champignon ont été favorisés lors de l’été 2012 particulièrement humide. Les régions touchées furent toute l’Ardenne, une partie du Condroz liégeois et une partie de la Famenne.
Les arbres ont été affaiblis. Des dommages importants peuvent intervenir si l’affaiblissement est suivi d’un hiver très froid. Il en est de même si la défoliation se produit durant plusieurs saisons successives. L’état sanitaire des houppiers de merisiers est à surveiller en 2013.

 

Frêne

La maladie du frêne (Chalara fraxinea) a été détectée en 2010 en Wallonie. Depuis 2011, la maladie se répand très rapidement dans les peuplements. Depuis 2012, des dépérissements de frênes touchent aussi massivement la Hesbaye, la Gaume, et dans une moindre mesure l’Ardenne et la Fagne-Famenne. En 2013, toute la Wallonie est touchée. La possibilité de protection de sites indemnes de maladie est illusoire.

Les symptômes observés cette année sont les suivants :

  • Dessèchement des rameaux les plus externes du houppier. Ce symptôme est observé tant en peuplement issu de régénération naturelle que de plantation. Le dessèchement des rameaux provoque une descente de cime manifeste.
  • Des nécroses corticales à la base des rameaux de l’année ou de l’année précédente sont observées systématiquement sur les arbres atteints. On peut observer des cicatrices de petite taille avec une dépression de l’écorce et une coloration orangé-brun.
  • Des nécroses sur le tronc ou au collet. L’apparition de nécroses sur le tronc ou au collet résulte de la présence de champignons depuis un certain temps dans la plante. De plus en plus d’arbres, touchés depuis l’apparition de la maladie en Wallonie, présentent ce type de symptôme.
  • Sensibilité à d’autres champignons/insectes. Un certain nombre d’arbres atteints de chalarose présentent de l’armillaire au pied (agent secondaire de pourriture racinaire).

Mesures de gestion :

  1. En attendant d’avoir plus de données sur la biologie de l’espèce, il est déconseillé de procéder à des plantations de frêne. En effet, les jeunes sujets se font rapidement infecter et dépérissent rapidement. Par ailleurs, un contrôle visuel des plants en pépinière ne suffit pas à s’assurer de l’absence de la maladie, les symptômes ne s’exprimant pas toujours de manière visible.
  2. Si la régénération naturelle est touchée en premier lieu par la maladie, tous les brins ne sont pas nécessairement atteints. C’est pourquoi il est conseillé d’observer la vitalité des semis (certains arbres peuvent être résistants) et de prendre uniquement des mesures radicales de suppression de la régénération lorsque l’avenir de la majorité des brins est compromis. Aucun produit de traitement phytopathologique n’existe à l’heure actuelle pour les semis tant en peuplement qu’en pépinière.
  3. Lorsque les arbres ont atteint des dimensions d’exploitation correcte, la récolte des arbres très atteints par la maladie est préconisée, c’est-à-dire les arbres ayant :
    - un déficit foliaire supérieur à 50 % ;
    - et/ou présentant des nécroses avérées au collet sur minimum 10 % de circonférence, lesquelles s’accompagnent souvent d’infections par l’armillaire, champignon lignivore qui détruit le bois ;
    - et/ou présentant des nécroses importantes au niveau du tronc, souvent associées à des décolorations esthétiques mais pas mécaniques, du bois au niveau de l’aubier ainsi qu’à des fendillements d’écorce qui constituent des portes d’entrée pour d’autres champignons.
  4. Dans les jeunes peuplements touchés par la maladie, il est conseillé de réaliser des éclaircies au profit des arbres sains ou asymptomatiques. Il s’agira d’une éclaircie sanitaire qui dans certains cas pourra être qualifiée de forte et qui portera spécialement sur l’élimination des individus montrant un ou plusieurs symptômes repris au point 3. Le martelage en feuille permettra de mieux apprécier l’état du houppier. Il devra donc avoir lieu entre le 15 août et la fin septembre. Les arbres moins atteints pourront être inventoriés de manière à suivre l’évolution de la maladie et d’éventuellement programmer les récoltes ultérieures.

 

Douglas

Certains peuplements de douglas ont montré des phénomènes de rougissement physiologique du houppier à la fin de l’hiver et au printemps. Des pertes d’aiguilles, parfois localement importantes, ont été observées au début du printemps. Ces rougissements ont été vraisemblablement favorisés par du gel intense localement suivie d’un redoux très sensible. Cependant, la présence symptomatique de la rouille suisse dans un nombre croissant de peuplements a été mise en évidence pendant la campagne de surveillances 2012 et 2013. Les symptômes issus de la présence de rouille suisse sont le rougissement et la perte d’aiguilles des rameaux de douglas de l’année précédente et des années antérieures. Dans le cas de rouille suisse, le rougissement ne touche pas les aiguilles de l’année en cours ; les arbres sont affaiblis et montrent une perte de croissance, mais pas de mortalité dans la majorité des cas.

 

> Pour plus d'informations : Observatoire Wallon de la Santé des Forêts